Le Café Politique

Parce que le citoyen doit penser pour être libre !
Accueil du site > Les rencontres 2022 > U125 Climat : la France à l'heure des choix énergétiques > De quoi l'énergie nucléaire en France est-elle le nom ?
  • Article

  De quoi l’énergie nucléaire en France est-elle le nom ?

jeudi 3 mars 2022, par Joseph Saint Pierre

Le sujet de l’énergie en général et du nucléaire en particulier peut être considéré dans un cadre plus général de la place des sciences, des techniques dans une "société" dont les contours sont difficiles à définir. L’énergie nucléaire a une histoire assez récente mais avec des accidents majeurs aux conséquences mondiales comme Tchernobyl et Fukushima. La politique énergétique peut être présentée comme strictement nationale mais le changement climatique est en grande partie dû à la consommation de pétrole, gaz, charbon, bois... Les risques d’accidents dans des centrales nucléaires ne concernent pas seulement les pays où sont situées les centrales. L’énergie nucléaire n’est pas renouvelable et utilise des ressources minières qui ne sont pas inépuisables. La France a gardé des liens avec d’anciennes colonies pour des approvisionnements en uranium. Si tant est que le nucléaire soit une solution pour fournir de l’énergie électrique sur un plan national il semble très important d’avoir une vision politique globale tant sur les sources d’énergie que sur les conséquences de la production d’électricité et sur les conséquences de la production et la consommation des énergies.

La production d’électricité avec le nucléaire a été liée à la production d’armes atomiques suite à la seconde guerre mondiale, ce que l’on a nommé la dissuasion. Cette production d’énergie a nécessité un fort développement des sciences et des techniques. Le début de la production d’électricité à partir de l’énergie nucléaire est maintenant un peu ancien, une époque où les sciences et les techniques semblaient fortement liés au pouvoir politique. Le pouvoir politique français semble de plus en plus éloigné des questions scientifiques et techniques. La montée des Instituts d’Études Politiques et de l’École Nationale d’Administration a contribué à la formation d’une classe politique éloignée des questions scientifiques et techniques.

La relance voulue de l’énergie nucléaire semble adaptée à l’aspect jupitérien de la cinquième République, c’est-à-dire une conception très verticale, des choix fondamentaux issues d’une élite politique en s’appuyant sur des experts avec une absence de concertation démocratique.