dimanche 19 octobre 2025, par Christian Bressan
Les solutions pour sortir de la crise gouvernementale que nous vivons ne peuvent raisonnablement être envisagées que dans le respect des valeurs fondatrices de notre République et des principes de confrontation démocratique.
Il convient, selon moi, de respecter nos institutions et d’accepter les compromis — ce qui n’est malheureusement pas le cas aujourd’hui.
Dans un monde très connecté, dépendant de facteurs multiples, économiquement instable et en proie à des conflits fréquents, on peut chercher à améliorer en permanence la vie des hommes, sans toujours y parvenir face aux nombreuses complexités. Les extrémistes politiques profitent de cette complexité pour faire valoir leur démagogie.
Défenseur d’une Union européenne solidaire et efficace, suivant le principe « l’union fait la force », le président de la République, moteur reconnu de cette politique, n’a pu accepter l’importance du score des populistes en France lors des élections au Parlement européen.
Les populistes, candidats de la colère, surfent sur la vague des mécontentements. Leur position vis-à-vis de l’institution européenne est changeante et ambiguë, et ils soutiennent souvent ses adversaires.
L’incompréhension a atteint son comble et a conduit le président Macron à vouloir clarifier la situation en redonnant la parole au peuple français par la dissolution de l’Assemblée nationale. Les Français ont voté à nouveau et montré qu’ils ne voulaient pas voir les populistes accéder aux responsabilités. Pourtant, leur vote a conduit à une absence de majorité.
Manifestement, ce n’était pas l’objectif du Président, mais c’est le choix exprimé par les Françaises et les Français.
Aujourd’hui, les députés, représentants de ce vote, n’ont d’autre obligation ni devoir que d’accepter les compromis et de permettre que les décisions qui nous gouvernent puissent être prises. Accepter les compromis politiques, c’est ce que font tous les pays démocratiques d’Europe. Les principes démocratiques l’exigent. Ceux qui refusent ces compromis et manipulent les procédures législatives pour bloquer le fonctionnement des institutions sont indignes de nous représenter.
Il conviendra de s’en souvenir si nous voulons réellement sortir de cette crise et éviter le « chaos » inacceptable dans le pays des Lumières et de la Raison.
Par ailleurs, il me paraît anormal qu’il soit permis, dans notre Constitution, de faire chuter un gouvernement sans avoir l’obligation de proposer une alternative crédible.
Notre Constitution, bâtie exclusivement sur le fait majoritaire, doit être réformée. Elle ne doit plus permettre à des groupes extrêmes et opposés, incapables de gouverner ensemble, de créer des crises gouvernementales et de l’instabilité.
C’est ce que fait l’Union européenne : elle autorise les coalitions politiques, y compris entre partis extrêmes, mais à la condition de présenter un programme commun — ce qui, en réalité, ne se produit jamais.
Aujourd’hui, la stabilité politique ne pourra être obtenue que sous cette condition.