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  Épizooties et épidémies, globalisation

mercredi 22 avril 2020, par Joseph Saint Pierre

La crise sanitaire liée au virus COVID-19, médical concerne la santé publique au niveau du monde entier. Cette crise sanitaire entraîne de façon évidente et forte des problèmes sociaux, économiques et bien sûr politiques. Mais en raison de l’organisation des sociétés en général et des connaissances en particulier il y a, en général, une séparation assez nette entre les épidémies qui concerne les êtres humains et les épizooties qui concernent les animaux.

Voici le lien d’un article paru dans le Monde, écrit par le très célèbre penseur, Edgar Morin. Cet article est de bonne qualité et correspond à une approche de sciences sociales et humaines classiques sans la prise en compte de la continuité du vivant.

https://www.lemonde.fr/idees/articl...

Stephen Jay Gould a écrit un livre particulièrement intéressant il y a presque 25 ans qui aborde la continuité du vivant avec le titre, en français, évocateur "L’éventail du vivant ".

Cette crise sanitaire semble pouvoir inciter à réfléchir à la continuité du vivant, presque tous les virus passent d’une espèce à l’autre.

Il y a des réflexions mais surtout des chiffres intéressants les passages des maladies des espèces animales vers l’humain dans cet excellent et court article

https://www.lalibre.be/planete/sant...

Les relations entre les êtres humains et les animaux sont très anciennes et elles sont essentielles, ces relations ont évolué avec la modernité, l’augmentation des populations, des consommations, des échanges et de la circulation. Ces relations sont aussi très dépendantes des plantes mais aussi de l’eau, de l’air, du climat...

Il y a une tradition philosophique ancienne sur la place de la nature et l’écologie politique si elle est beaucoup plus récente pose la question de la place de l’humain dans la nature comme une question politique. L’urgence des problèmes concernant la santé humaine ne devrait pas empêcher de penser sur une période un peu plus longue pour situer la crise sanitaire dans une perspective pouvant questionner des modes de développement, pour tenter d’éviter les prochaines épizooties et épidémies.

Ces liens entre épidémies et épizooties devraient aussi inciter à renforcer une approche globale des enjeux de santé. Il est presque paradoxal de constater qu’il y a des critiques fortes sur l’Organisation Mondiale de la Santé et une forme de repli nationaliste dans de nombreux pays qui voient une pandémie mondiale comme un sujet interne à chacun des états.

Cette crise sanitaire peut rappeler ce qui se passe avec le changement climatique, en raison de la dimension mondiale et l’interdépendance de tous les états face à la crise. Le GIEC a tenté d’établir une forte coopération entre les divers pays et cela a abouti à des protocoles, qui ne sont pas nécessairement signés, ni respectés. Malgré l’importance de la crise sanitaire sur le plan mondial il ne semble pas que l’émergence d’un groupe international d’experts sur les pandémies soit envisageable à court terme. Cela est un sujet très politique mais ne correspond pas vraiment à la structuration nationale de la plupart des débats.